Généalogie des Rolin/Rollin

 Par Dominique ROLLIN

Présentation des racines historiques.

Autun ou Poligny ?

       Les écrits du XVe pas plus que ceux du XVIe siècle d'ailleurs, ne nous donnes de précisions, et ne nous renseignent guère sur la généalogie de Nicolas Rolin. Quant à ce qu’il est de son milieu familial, ils gardent là encore le silence. Pour les chroniqueurs de la fin du Moyen-âge comme ceux de la Renaissance, « il était le seigneur d’Authume, et le lieu de sa naissance restait pour eux sans intérêt (1).» Ces questions ne prendront d’importance que plus tardivement, et les réponses apportées ne seront hélas que des plus contradictoires.
Au XVIIe siècle un clerc du parlement de Dôle un certain Jules Chifflet (2) réalisa une généalogie de la famille de Nicolas Rolin établissant une descendance jusqu’au XVIe siècle. Celle-ci ne fut en son temps du reste pas publiée et elle resta inconnue du public. Elle le sera à titre indicatif qu'en 1996  où elle figurera en annexe d'une biographie sur Nicolas Rolin écrite par Herta-Florence Pridat. Cette généalogie de Chifflet m’a parut dans un premier temps  fantaisiste, car elle se trouve souvent en contradiction avec celles existantes. La découverte récente de documents  historiques aux archives départementales  du Nord ainsi que celles de Condé-sur-Escaut, par moi même et par Didier Descamps, m'ont amené à réviser mon jugement. En effet certaines de nos découvertes  nous apportent la preuve que la généalogie de Chifflet est bien plus proche de la vérité historique que  bien d'autres généalogies. Cependant il reste bien des points chez Chifflet que je qualifierais d'obscurs, notamment sur l'ascendance du chancelier. Selon Chifflet les parents de Nicolas Rolin seraient Jean Rolin pour le père, -cela est exacte,- mais pour sa mère il nous donne une certaine Yolande de Mahaut qui reste une inconnue.  
    Pour Georges Valat qui trace une biographie  du chancelier au début du XXe siècle « la naissance de Nicolas Rolin n'a point échappé à l'erreur ou à la malveillance commune. » Il est vrai que presque tous les historiens du XVIIIe siècle l’ont rattaché à une souche « bassement plébéienne. » L'un péjorativement le dit « petit bourgeois » un autre fait figurer parmi ses ascendants les plus proches un boulanger, sous prétexte qu’un document judiciaire trouvé aux archives de  la Côte-d'or nous parle de la construction d’un four par un certain Rolin. Mais doit-on parler comme G Valat de  "malveillance" ? Toutes ces erreurs, faites souvent de bonne foi, furent commises par les différents auteurs du XVIIIe siècle. Elles furent en suite reprises par beaucoup d'autres.

Par exemple l'Abbé Charles Boullemier, bibliothécaire dijonnais (1725-1803), pour justifier le manque d'une connaissance suffisante des archives de la famille, accusait faute d’avoir trouvé les documents dont il avait besoin, les descendants du chancelier de Bourgogne d'avoir supprimé « une infinité de titres trop peu favorables à l'illustration qu'ils avaient. » Pour justifier ses accusations l’Abbé Boullemier cite pour preuves et étayer ses arguments, « les querelles survenues entre Jean Rolin, Cardinal-évêque d'Autun, et le chapitre collégial de Notre-Dame du Chatel, fondé par son père. » Pour l’Abbé ces « querelles » lui paraissaient « déceler chez Ie prélat le besoin arrêté d'effacer, dans sa ville épiscopale, les moindres traces d'origines trop modestes à son gré. » et d'avoir été jusqu'à dégrader la dalle funéraire de leur ancêtre pour que "l'on ne puisse plus y lire que ce soit"
Voilà une idée bien singulière, de justifier ses recherches restées infructueuses, et une bizarre interprétation de faits qui reste fort ordinaires en eux-mêmes. Ainsi sont nés les erreurs généalogiques, mais aussi les erreurs d’appréciations du personnage que fut Nicolas Rolin à son époque. Erreurs qui traversèrent le XVIIIe puis le XIXe siècle.

    Il faudra attendre le début du XXe siècle, (1912 à 1914) que Georges Valat n’écrive dans les « Mémoires de la Société Eduenne (3)»  une excellente monographie consacrée à Nicolas Rolin. Disparu lors du conflit de la première guerre mondiale, sa biographie de Nicolas Rolin est malheureusement restée inachevée, et ne dépassant pas 1430, mais Valat aussi fit quelques erreurs.
Mais G. Valat apporte par ses découvertes dans les archives la preuve que, « contrairement a ce qu’en dit l’Abbé Boullemier, les papiers de la famille Rolin n'ont point été anéantis, ou alors leur destruction est restée bien incomplète. » D’autre part, il nous dit que « les différents qui surgirent et qui ne manquèrent pas de diviser les chanoines de Notre-Dame et Jean Rolin, cardinal-évêque, fils du chancelier, bienfaiteur de leur église, s'expliquent assez bien, par le désir, peu surprenant chez celui-ci, d'imposer sa juridiction à ce corps ecclésiastique parfois trop jaloux de son indépendance. » Quant à la dégradation de cette dalle funéraire, Valat n'aborde pas le sujet, mais quatre siècles séparaient le bibliothécaire dijonnais de l'inhumation des parents du chancelier, l'usure du temps suffisait pour justifier
que "l'on ne puisse plus y lire que ce soit" .


1 - Nicolas Rolin Chancelier de Bourgogne par Herta-Florence PRIDAT p17 1996.

2  généalogie de la famille Rolin : - Ms Chifflet, 13, ff. 408 recto à 409 recto Bibl, Mun. Besançon ;

    Jules Chifflet, né au début du XVII siècle à Besançon, était conseiller-clerc au Parlement de Dôle.

3 : tome 40, 1912 p 73-145, tome 41, 1913, p 1-73, t42, 1914, p 53 -148.

 

   Pour beaucoup et pour l'Abbé Boullemier en premier le nom Rolin vient du diminutif de Raoul, que pendant plus de cent ans, on le trouvera flottant dans sa forme Raoulin, Raolin, Raulin, Rolin, plus ressemant Rollin ; nom extrêmement répandu disent certains généalogistes. Pourtant une question ce pose, s’il était si commun pourquoi n’est-il aujourd’hui que si peut fréquent dans la population ?
On le trouve exclusivement dans l’Est de la France (Bourgogne, Lorraine), le Sud de la Belgique et le Luxembourg et un petit nombre dans la région Nord-Pas-de-Calais, il est presque inexistant ailleurs, ou porté par des personnes dont les racines viennent des régions sub nommées. Ces spécialistes de la généalogies affirment que beaucoup de personnages, à Autun et dans la région voisine, l'ont porté, et que l'ont ne peut relier sûrement au chancelier, tels ou tels. Quitte à décevoir ces spécialistes, je puis affirmer que le nom Rolin ou Rollin est d'origine germanique comme  "Hölderlin, et Hrodilin, Rodlin, Rolin,"  hypocoristique de composés avec « hrod », qui veut dire "gloire", et non pas un dérivé de Raoul, bien que je n’ai rien contre ce nom ou prénom.

Mais il faut qu’en même reconnaître que de tenter d'assigner à tous, une souche commune serait, en l'absence de documents probants, formuler une supposition vaine encore que vraisemblable. Du moins, serait-il permis d'invoquer la fréquence du nom de Rolin, ancienne à Autun et dans ses environs, comme un argument de plus pour assigner la région d'Autun comme lieu d'origine de la famille Rolin, car là aussi les querelles de clocher à savoir d'Autun ou Poligny, quelle fut de ces deux villes celle qui un jour vit naître les ancêtres puis le futur chancelier de Bourgogne.
Il est possible au surplus qu'un certain Willemin Rolin ait existé en 1416 à Poligny ; le nom sans être commun, est quand même assez habituel par toute la Bourgogne pour que l'on n'éprouve pas de surprise à le rencontrer une fois de plus. L'on ne doit point enfin s'étonner davantage que le chancelier ait, en 1429, à Poligny, contribué à la fondation de la Collégiale et s'y soit réservé des prières : sa haute situation, sa fortune, les nombreuses seigneuries qu'il avait acquises dans la région, l'alliance enfin qu'il y avait contractée lui imposaient ces pieuses libéralités à l'égal presque d'un devoir.
    Une autre opinion mérite encore un rapide examen. De ce que l'on trouve, en 1417, l'acte de cession du meix dit messire Girard Rolin, situé à Saint-Loup-de-la-Salle, consenti par Girard Rolin, damoiseau, on a conclu que deux branches existaient simultanément, l'une à Autun, l'autre à Saint-Loup, celle-ci représentée successivement par deux individus, l'un fils de l'autre et tous deux dénommés Girard Rolin. En réalité, le fils du vendeur de 1417 portait le prénom de Claude et si un lien quelconque a existé entre ces deux personnages et les Rolin d'Autun, rien ne permet de le définir. Toutefois ce Girard Rolin ou Raolin parent ou non des Rolin d'Autun, pourrait être la souche des Rolin de Normandie ou Rolin de La Grange et de Vaulmain que nous étudierons page suivante.
Le problème au surplus de cette branche reste très obscur. Nicolas Rolin eut « de Loyse non mariée, » vers une date qui ne peut guère sans invraisemblance être fixée avant 1405, un fils illégitime qui porta le prénom de Girard (4). Celui-ci ne doit donc pas être assimilé à un autre Girard Rolin qui, né vers 1382, anobli par Jean sans Peur en 1413, assiste au siège de Melun en 1420 et sur l'ordre du duc, occupe alors Lagny-sur-Marne où il est encore, au titre de capitaine de la ville, en 1421 et 1422. Mais il n'est pas certain que ce personnage soit le même que le Girard Rolin, de Saint-Loup-de-la-Salle, mentionné dans l'acte de 1417 ; et il faudrait peut-être identifier ce dernier à Girard Raullin, écuyer, qui, en 1423, vit à Beaune et dont la femme Perrenette, fait, cette année-là, une donation à la confrérie du Saint-Sacrement de Pommard. Quoi qu'il en soit, en l'absence de sceaux dont la comparaison eût levé toutes les incertitudes, on ne peut s'empêcher de remarquer qu'aucun des nombreux titres de famille ou de propriétés aujourd'hui connus des Rolin, testaments, contrats de mariage, fondations, baux, acquisitions, etc., ne fait mention de ce Girard Rolin, de Saint-Loup, fût-ce à titre de témoin et ce silence paraît par lui-même assez probant pour permettre d’écarter l'hypothèse plus haut énoncée.
C'est donc à Autun, et à Autun seulement, que, si haut que l'on puisse remonter dans le passé, qu’on trouve établie la famille Rolin, famille à laquelle le duché de Bourgogne dut son plus grand homme d'Etat.


4: note de G Valat au sujet de ce Girard Rolin : Arch. dép. Côte-d'Or, I3, 1199-1. D'après plusieurs auteurs, ce serait ce bâtard de Nicolas Rolin qui aurait reçu la charge de bailli, gouverneur et capitaine général des villes et comté de Mâcon et de capitaine de la Roche-de-Solutré. On pourra voir à cet égard : Canat, Documents inédits pour servir à l'histoire de Bourgogne Chalon, Dejussieu, 1863, p. 244, 271 et 339. — J. d'Arbaumont, Généalogie Boullemier, p. 15, n. 4. — Du môme : les Anoblis de Bourgogne, p. 25. — Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne.,., Paris, 1729, II, p.'21ô. — J.-L. Bazin, la Bourgogne du duc Philippe le Hardi au traité d'Arras, Beaune, 1898, p.'204. — Bigame, Étude historique sur le chancelier Rolin et sur sa famille, Beaune, 1860, p. 16 et 43. — Du même : les Capitaines du château et de la ville de Beaune, dans les Mém. de la Société d'hist. de Tar. de Beaune, 1884, p. 139. Je dois faire remarquer que les armes attribuées à Girard Rolin, bailli de Macon, puis capitaine du château de Beaune, par l'auteur de cette étude : d'azur aux 3 clefs d'or en pal brisées d'une étoile d'or et chef, sont celles de la Collégiale N.-D.
du Chatel d'Autun. V. H. de Fontenay, Armorial de la ville d'Autun, Autun, Dejussieu, 1868, p. 36-37. iI est inutile de citer ici l'art, consacré par Chevalier, op. cit., t. II, p. 478, à Girard Rolin. Il ne fait qu'introduire plus de confusion dans un problème dont il semble bien qu'on doive jusqu'à nouvel ordre réserver la solution. V. aussi Histoire générale et particulière de Bourgogne..., Dijon, Defay., 1739-1781, t. IV, Preuves, p. cxxxvn. — Rameau, Liste chronologique des baillis de Mâcon, dans les Annales de l'Académie de Macou, 3* série, t. VII, 190?, p. 16.note de G Valat au sujet de ce Girard Rolin : Arch. dép. Côte-d'Or, I3, 1199-1. D'après plusieurs auteurs, ce serait ce bâtard de Nicolas Rolin qui aurait reçu la charge de bailli, gouverneur et capitaine général des villes et comté de Mâcon et de capitaine de la Roche-de-Solutré. On pourra voir à cet égard : Canat, Documents inédits pour servir à l'histoire de Bourgogne Chalon, Dejussieu, 1863, p. 244, 271 et 339. — J. d'Arbaumont, Généalogie Boullemier, p. 15, n. 4. — Du môme : les Anoblis de Bourgogne, p. 25. — Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne.,., Paris, 1729, II, p.'21ô. — J.-L. Bazin, la Bourgogne du duc Philippe le Hardi au traité d'Arras, Beaune, 1898, p.'204. — Bigame, Étude historique sur le chancelier Rolin et sur sa famille, Beaune, 1860, p. 16 et 43. — Du même : les Capitaines du château et de la ville de Beaune, dans les Mém. de la Société d'hist. de Tar. de Beaune, 1884, p. 139. Je dois faire remarquer que les armes attribuées à Girard Rolin, bailli de Macon, puis capitaine du château de Beaune, par l'auteur de cette étude : d'azur aux 3 clefs d'or en pal brisées d'une étoile d'or et chef, sont celles de la Collégiale N.-D.
du Chatel d'Autun. V. H. de Fontenay, Armorial de la ville d'Autun, Autun, Dejussieu, 1868, p. 36-37. iI est inutile de citer ici l'art, consacré par Chevalier, op. cit., t. II, p. 478, à Girard Rolin. Il ne fait qu'introduire plus de confusion dans un problème dont il semble bien qu'on doive jusqu'à nouvel ordre réserver la solution. V. aussi Histoire générale et particulière de Bourgogne..., Dijon, Defay., 1739-1781, t. IV, Preuves, p. cxxxvn. — Rameau, Liste chronologique des baillis de Mâcon, dans les Annales de l'Académie de Macou, 3* série, t. VII, 190?, p. 16.


       C’est sur le Mont-Beuvray, seul sommet détaché du massif du Morvan que se sont installés, il y a plus de 2000 ans, les Eduens, riche peuple gaulois. Fondée à la fin du 1er siècle avant J-C par la volonté de l’empereur Auguste, point de départ de quinze voies romaines, Autun comptait six kilomètres de rempart, quatre portes monumentales (la porte Saint-André et la porte d’Arroux sont restées quasiment intactes), plusieurs édifices de spectacle dont subsiste le théâtre le plus important de Gaule (il pouvait accueillir vingt milles spectateurs) et le temple de Janus, sanctuaire de tradition celtique.
Située sur la partie haute de la ville, la cathédrale Saint-Lazare est l’une des plus belles églises romane de style clunisien de la région. Dans l'immense enceinte, encore cernée par les remparts en ruines, croulants part tant d'assauts subis, plus que de vétusté, des îlots d'habitations s'étaient constitués, ou reconstitués, reliés par des sentiers, futures rues de l'Autun moderne. Ces sentes, serpentaient à travers des champs, des terrains vagues envahis d’herbes sauvages, semés de ruines, des vergers plus ou moins exploités ; un misérable groupe de villages agglomérés chacun autour d'un édifice central. C'était là tous ce qui restait de la noble cité gallo-romaine d’Augustodunum. On apercevait dans la partie haute de l'ancienne ville, le seul endroit, capable de résister encore à une attaque, et cela grâce à un mur de défense hâtivement construit du côté du nord au cinquième siècle. C'est dans cette ville fantôme d’un passé glorieux fondée comme « sœur et émule de Rome », capitale gallo-romaine des Éduens, évêché dès l'Antiquité, que mènent cette vie les premiers ascendants connus de celui qui, cent quarante ans plus tard, sera « Monsieur le chancelier de Bourgogne », le tout-puissant « Monsieur d'Authume. »
    La roue de fortune, cette roue allégorique si chère au moyen âge, tourna pour eux suivant le même cercle que pour beaucoup de leurs contemporains. Ils surent -et bien d'autres avec eux-, trouver dans l'étroite et morne cité, un champ suffisant à leur activité, y vivre et y prospérer. Peu nombreux ceux que leur carrière retient aujourd'hui au lieu natal. Il en allait différemment jadis grâce à la multiplicité des emplois modestes, mais sûrs et considérés, conservés par l'Ancien Régime jusqu'à son extrême déclin, qu'avaient partout rendus nécessaires l'organisation féodale et sa conséquence immédiate : l'endettement infini de la souveraineté. À Autun, au treizième siècle, l'évêque a ses officiers, le Chapitre cathédrale, les siens ; autour de chaque abbaye, de chaque église, gravite un petit monde d'agents de toute sorte ; le duc surtout possède de nombreux fonctionnaires, pour la plupart, recrutés sur place : vierg (1), receveur d'aides, gruier (2), etc. Une famille d'alors débute volontiers dans ces charges subalternes ; deux, quelquefois trois, de ses générations s'y succèdent. Celle qui les suit, bénéficiant de l'honneur, et du profit gagné dans leur exercice, gravit un échelon, celle qui vient après elle, un autre encore. Petit à petit de génération en génération, ce n'est plus dans leur ville que ses membres participent à l'administration ducale ; ils siègent au Conseil du Prince, rendent la justice en son nom, s’enrichissent à force d’épargne, de placement, arrondissent le patrimoine familial, joignent les grandes seigneuries aux maisons, aux rentes, aux terres précédemment acquises, parfois montent jusqu'aux plus hautes dignités, enfin, devenus nobles eux-mêmes, se substituent dans ses châteaux et souvent aussi, hélas dans les vices qui ont amené la déchéance, de l'ancienne noblesse ruinée par les guerres et les prodigalités fastueuses. Un monde s’en va, un autre ce dessine, celui de la fin du Moyen âge avec sa guerre entre Armagnac et Bourguignon celle de cents ans, et ses deux Papes. En ces quelques lignes, tient toute l'histoire des ancêtres de la famille Rolin.

 

1 - Vierg prononciation : viergh' Etymologie : Charles du Fresne, sieur du Cange le rattache à vergobretus, nom, d'après César, de la suprême magistrature chez les Gaulois.

 2Gruier ou Verdier dans d’autres régions : mots ou nom qui désigne un garde forestier.


Raolin de Saint-Andoche. (souche de l'arbre) -1271-


    C'est donc du côté de l'abbaye de Saint-Andoche qu'il faut chercher son berceau. Dès 1289, l'obituaire  du monastère mentionne un certain Raolin le Tixerant, dans lequel on serait tenté de saluer son premier représentant. Mais force est d'avouer que le personnage demeure isolé, impossible à suivre dans sa descendance, en sorte que l'on ne saurait affirmer si l'on se trouve en présence du nom patronymique ou d'un simple prénom. Il est donc prudent de considérer ce modeste artisan comme simplement homonyme et contemporain d'un autre Rolin qui, pour sa part, se rattache sans aucun doute au chancelier de Bourgogne. De celui-ci, au reste, on ne sait rien que son nom qui apparaît une seule fois, et probablement après sa mort, dans un titre de l'extrême fin du treizième siècle : Raolin de Saint-Andoche. A cette unique mention, aucun commentaire ne saurait être joint qui ne rentrât dans le domaine de l'hypothèse. On en peut rapprocher celle d'un autre Raulin, dit de Saint-Pancrace, "Raulinus de Sancto Pancracio", qui, en 1271, vendait à Gauthier Pourchot son office de sergent de l'hôtel de l'évêque, et conclure de la nature, pour ainsi dire topographique, des deux noms au désir de deux individus, peut-être parents, peut-être frères l'un de l'autre, d'éviter par une désignation caractéristique, les confusions possibles. Mais un seul point reste acquis à l'actif de Raolin de Saint-Andoche, c'est qu'il laissa au moins un fils dénommé  Perrenet Rolin.

Sources :

 

Mémoire de la société Eduenne étude sur le chancelier Rolin Georges Valat 1912.


La splendeur des Rolin Brigitte Maurice Chabard, société éduenne des lettres sciences et arts (Autun France).


Nicolas Rolin Chancelier de Bourgogne Herta-Florence Pridat 1996.

 

Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne.

Notice historique sur sa famille ...  Par Charles  BOULLEMIER

.

Nicolas Rolin, 1380-1461: un chancelier au 15e siècle Arsène Perier - Plon-Nourrit, 1904 -

 

Archives Départementales du Nord (Lille).

Archives Départementales  du Pas de Calais (Arras).

Archives de Condé sur Escaut

 

"Généalogie de quelques familles du Nord de la France" Denis Paul du Péage.

 

Archives des Antiquaires de la Morinie.

 

Didier Descamps généalogiste spécialiste de la famille de Nicolas Rolin.


Jean-Luc Nicolas généalogiste  sur les Rolin du  Valenciennois.

 

Archives de la ville de Mons.

Archives de la ville de Namur.

Archives du Royaume de Belgique.


Anales de la Société archéologique de Namur. Tomme 37

 

Archives familiales. 

 

Racines et Histoire Etienne Pattou

 


Sceau de Jean Rolin frère de Nicolas

Vestiges de la crypte de l'ancienne abbaye

de St Andoche d'Autun

Emplacement de l'ancienne l'abbaye de St Andoche

d'Autun.

Localisation de la maison de Perrenet Rolin dans Autun

Perrenet Rolin I  -1296-

 

     Celui-ci n'est guère mieux connu que son père. Un seul vestige a subsisté, mais combien précieux, de son existence : l'acte par lequel, au mois d'avril 1296, conjointement avec sa femme Girarde, par-devant frère Guillaume de Mont-Martin, prieur de Mesvres, il achète de Perrin le Gasthelaz, citoyen d'Autun, et d'Huguette, moyennant 11 livres dijonnaises, une rente d'un sextier de froment à la mesure du château d'Autun, due chaque année à la Saint-Martin d'hiver par Gauthier de Moardat.

Tout laconique que soit ce document, si peu qu'il livre de la personnalité des parties contractantes, il porte d'utiles indications. Il nous montre d'abord que déjà commence de se constituer ce patrimoine à l'accroissement duquel chaque génération consacrera ses forces ; et surtout, sa teneur permet d'essayer de déterminer, approximativement, l'emplacement de la demeure originelle des Rolin. La rente vendue est spécifiée assignée sur la maison de Gauthier de Moardat et sur une terre y attenant, toutes deux joignant le chemin conduisant à l'église Saint-Jean et toutes deux sises derrière la maison du père de l'acheteur. On peut admettre que celle-ci, justifiant par sa situation le surnom de son propriétaire, s'élevait dans le voisinage immédiat de l'abbaye. 

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Guillaume I Raolin ou Rolin dit le Rolina ° 1292

Son existence est attestée en mai 1324, date à laquelle il plaide au sujet d'une terre nommée «Rolin", formant un hameau de la commune de Vievy.  Dans la mesure où, le 6 mars 1366, figurent à Vievy, parmi les vassaux de Pierre de Chevigny, "en la ville dite Raolin, les enfants de Guillaume Raolin ", on est donc autorisé à proposer le prénom de Guillaume pour le Rolinat,

Il faut dès lors assimiler le chemin visé à l'actuelle ruelle du Perrenet Rolin, prolongée par la ruelle Saint-Jean, d'où il résulte que la maison de Perrenet Rolin pouvait vraisemblablement donner par sa façade sur le côté est de la rue ou de la place du Carrouge, mais qu'en tout cas, on doit la chercher certainement dans le quadrilatère coupé par la rue de la Grille, prolongée par la rue Saint Christophe, circonscrit par la moderne avenue Charles de Gaulle et par les anciennes rues Jondeau, du vieux collège, du  Carrouge, ruelle du Carrouge, et ruelle Saint-Jean. Le problème paraîtra peut-être d'importance trop minime pour mériter ample discussion ; une solution plus définitivement précise semble du reste improbable ; mais il était intéressant cependant de noter avec quelque insistance quel fut dans sa ville même le lieu d'origine de la famille Rolin.
On la verra peu à peu s'en détacher à mesure que sa situation grandira, jusqu'à ce que, quittant la ville basse, elle aille, en la personne de Johan Rolin, le père de Nicolas, s'établir au Château, le quartier le plus bourgeoisement aristocratique, peuplé de clercs attachés à ses cinq églises ou au palais épiscopal, et certainement le plus riche, puisque le mieux défendu. Bientôt ses membres y auront des intérêts, maisons et rentes, mais le moment reste encore relativement lointain, de l'exode définitif. Le fils de Perrenet Rolin, connu sous le nom de « le Rolinat », reste fidèle à la demeure des ancêtres. Les documents qui nous en ont transmis le récit suffisent aux curiosités du généalogiste. Ici, en effet, surgit une grave incertitude. Le Rolinat laissa-t-il une postérité ?

Telle est la question à laquelle aucun titre ne permet hélas d'apporter une réponse directe. Du rapprochement de certains faits cependant, il est possible d'induire, avec absolue certitude, que la descendance de Raolin de Saint-Andoche se perpétua en ligne directe dans le cours du quatorzième siècle. On retrouve, en effet, en 1388, entre les mains de Rose, veuve de Guillaume Rolin, la maison qu'en 1296 possédait Perrenet, celle à laquelle le Rolinat avait, au mépris des droits de l'abbaye voisine, adjoint un four en 1324. (Ce pourquoi certain et pour cette unique raison en ont fait un boulanger.)
    Il faut donc admettre comme infiniment vraisemblable l'existence d'un lien de paternité entre le Rolinat et ce Guillaume Rolin. De plus, quelque parti que l'on veuille adopter à cet égard, on ne saurait nier que Guillaume Rolin ait eu un frère du nom de Girard, puisque celui-ci, dans l'acte de ses dernières volontés, daté du 8 mai 1389, le mentionne ainsi que sa belle-sœur Rose. Il est non moins certain enfin que tous deux, Guillaume et Girard, furent les grands-oncles de Nicolas Rolin ; on se trouve donc amené à présumer l'existence d'un troisième fils du Rolinat, frère de Guillaume et de Girard, qui fut le grand-père du chancelier de Bourgogne.
L'étude qui va suivre de la vie de chacun des trois personnages et s'il y a lieu, de leur descendance, justifiera ces diverses propositions.

Les fils et petits fils de Rolina

 

Guillaume II Rolin (premier fils de Rolina) -1366-


Un dénombrement, fourni le 6 mars 1366 par le prêtre Pierre de Chevigny, mentionne : « En la ville dite Rolin » dans la paroisse de Viévy (1), les enfants d'un certain Guillaume de Rolin. Plus tard, le père du chancelier possédera des terres dans cette région, à 7 Km à Thury notamment. Nicolas Rolin lui-même y acquerra des droits. Enfin, c'est à l'abbaye de Saint-Àndoche, à l'ombre de laquelle vivent ses ancêtres, qu'appartient le patronage de la cure de Viévy. Ces coïncidences donnent à penser ! Cette « ville dite Rolin », ne serait-ce pas là le lieu tant cherché de la toute première origine de la famille ? Ce Guillaume de Rolin, ne devrait-on pas l'identifier à Guillaume Rolin, fils du Rolinat ?
En réalité, les éléments de discussion font défaut pour répondre sûrement à ces questions. C'est néanmoins l'opinion négative qui semble devoir l'emporter pour peu que l'on remarque, non pas la différence, somme toute négligeable, des noms, due à l'existence dans l'un de la particule absente dans l'autre, mais le caractère de cette dénomination : « Guillaume de Rolin, » qui se présente sans apparence patronymique et comme tirée uniquement de la tenure de celui qu'elle désigne. Quoi qu'il en soit, de Guillaume Rolin, on peut affirmer ceci : décédé à une date inconnue, antérieure en tout cas au début de l'année 1375, il laissait entre autres biens, un pré sis à Ornée. Sa veuve, on le sait, portait le prénom de Rose et possédait, en 1381, en indivis avec les hoirs de son mari, une maison (sub nommé au chapitre précédant) au Cloître de la ville d'Autun, une autre, dans la rue de Chaumont, en commun avec son beau-frère Girard, et une troisième enfin à Saint-Andoche, celle-ci n'étant autre que la demeure patrimoniale des Rolin. Quant à sa postérité, on ne saurait affirmer qu'elle se réduisit au seul fils Jean qui soit, à notre connaissance, issu de lui ; mais en revanche, la personnalité de celui-ci se dégage en pleine lumière des documents privés ou publics qui, de sa vie débordante d'activité, ont gardé une foule de détails parfois infimes, toujours intéressants. Ses contemporains le baptisèrent successivement Jean Rolin le jeune, et après 1391, Jean Rolin l'aîné, par opposition à ses cousins de même prénom que lui, notamment le père et le frère du chancelier. On le distinguera plus facilement aujourd'hui en le qualifiant, artificiellement et pour la clarté de l'exposition seulement, d'un fief qu'il posséda : Jean Rolin de Montromble. La terre de ce nom lui advint en effet, par héritage, avant la fin de l'année 1398, de sa cousine Huguette, fille de Mathieu Malparle, alias Matheron, et peut-être, d'une sœur de son père Guillaume dont le souvenir ne s'est point conservé.


Petit fils de Rolina Jean Rolin I de Montromble dit l’aîné. + 1454 (fils de Guillaume II)


Il ne faudrait pas au reste que cette désignation fît illusion et entraînât à imaginer Jean Rolin sous les traits de quelque petit féodal, vivant au milieu de ses hommes d'une vie rude et simple, peu différente de la leur. Sur sa seigneurie, il exerça ses droits, en perçut les revenus, l'administra au mieux de ses intérêts, mais fut un bourgeois et un fonctionnaire, sans plus.
Quelle raison l'eût poussé à abandonner Autun, sa maison de la rue aux Razs et son jardin ? Le cens (2) de 21 gr. tournois d'argent et 6 deniers, qui chargeait sa demeure au profit du Chapitre cathédrale, n'était point trop onéreux ; encore le fit-il, le 9 juillet 1412, réduire à la somme minime de 3 sols tournois.
Deux ans plus tard, lorsqu'il réparera son « ostel », il lui sera permis de prendre dans la forêt de Planoise voisine, sans que cela ne lui coûte rien, tous les bois nécessaires. Enfin bien d'autres motifs le retiennent à la ville. La lecture des documents laisse l'impression que c'est la génération de son père qui a donné le signal de l'ascension familiale ; mais lui, le premier des Rolin, figure dans le personnel administratif du duché. A un titre certes modeste, dans les débuts, à vrai dire, puisque sans qu'on puisse définir quelles sont alors ses fonctions, il commence, lors du carême de 1397, par surveiller, aidé de Ligier d'Orche, la pêche des deux étangs domaniaux de la Thoison ; mais dès 1404, abandonnant la gruerie  (3), il est, par lettres en date du 9 décembre, nommé contrôleur du grenier au sel d'Autun, à la caution de trois cents francs l’an (4).
 On le retrouve en 1409 et 1410 occupé, pendant cinq mois, à dresser pour le duc, avec Jean Baracu de la Motte, châtelain de Montcenis, le terrier des châtellenies de Glennes, Roussillon, la Toison et la Goulaine ; car au début du quinzième siècle et pour longtemps encore, les errements subsistent du temps où les officiers de la couronne n'étaient que les serviteurs du prince et les fonctionnaires d'alors, au lieu de rester, comme les nôtres, cantonnés dans un domaine irrévocablement déterminé d'attributions, s'emploient, au jour le jour, aux besognes les plus diverses, selon les nécessités du moment ; si bien qu'ils semblent les hommes d'affaires, les régisseurs d'un très riche particulier, plutôt que les représentants de l'État. Jean Rolin, doit être tenu en singulière estime par ce maître dont il exécute les ordres, très indirects, sans jamais probablement l'avoir approché de bien près.
Vienne l'année 1413, au cours de laquelle les Armagnacs menacent le Charollais, on trouvera en lui, à, point nommé, un ingénieur militaire pour « faire les fortifications et réparations du chastel de Riveaul d'Autun. » Mais ce n'est qu'un accident dans sa carrière mouvementée, et bientôt il retourne aux emplois civils.
Le 2 avril 1416, il succède à Guillaume Terasce à la viérie et prête le serment de sa nouvelle fonction le 15 du même mois. Si le vierg n'est plus à cette époque le principal agent de la puissance ducale à Autun, Jean Rolin,
reste un personnage marquant parmi ses concitoyens, et la preuve en est qu'en 1417, les chanoines de Saint-Lazare recourent à son intervention pour obtenir qu'épargnent leur étang d'Auxy, les gens d'armes du bailli d'Auxois cantonnés aux environs.
Cependant, la suppression des greniers à sel du duché, survenue la même année, l'avait dépouillé de sa charge de contrôleur. Mais heureusement pour lui, les besoins du Trésor ne tardèrent guère à l'y réintégrer. Le duc Jean comprenant, si incohérent financier qu'il fût, l'inanité de la formule : gros revenus et peu d'impôts, se vit bientôt contraint de reprendre ce qu'il avait inconsidérément accordé et rétablit la gabelle dès 1418. Jean Rolin retrouva aussitôt l'exercice de sa précédente fonction ; il en prêta le serment le ll mars 1419 et Ie renouvela le 24 mai 1420.
La cessation temporaire de son emploi ne l'avait pas au reste laissé oisif ; magistrat à l'occasion, son intérim s'était trouvé utilisé à substituer le procureur ducal dans un procès pendant entre Ie duc et les religieux de Saint-Martin d'Autun, à citer des témoins, à procéder enfin, à Vautheau, à une longue enquête que « le doute des gens d'armes qui étaient sur le pays » rendait difficile et périlleuse.
    Mais c'est surtout comme agent fiscal « gabelous » (5) qu’il paraît avoir donné sa vraie mesure. La perception des aides ne constituait point en ce temps une sinécure. Une fois, déterminé par les commissaires nommés par les Élus, le recensement des contribuables, les collecteurs, choisis dans chaque paroisse imposée, font rentrer, souvent avec peine, les subsides qu'ils versent à la caisse du receveur du bailliage. Difficile était la tâche des commis à la « cherche des feux », parcourant à cheval, par des chemins peu propices, de vastes circonscriptions misérables, fréquemment ravagées par les gens de guerre toujours sur pied ; plus dure encore, celle des agents chargés de percevoir les deniers ; peu sympathiques, ils sont parfois rudement houspillés par les débiteurs récalcitrants. Quant au receveur, sa situation apparaît plus calme, moins hérissée de dangers. Quelquefois, au quatorzième siècle surtout, il a affermé, puis sous-affermé, à ses risques et périls, la levée de l'impôt dans son ressort ; alors, s'il arrive que l'opération se solde par un déficit, il en demeure responsable.
    Dès 1397, Jean Rolin avait commencé l'apprentissage de ces divers travaux en procédant, avec Ligier d'Orche, à la « cherche des feux (6) » du bailliage de Montcenis, préalable à la répartition de l'aide de 50,000 francs, accordée au duc, cette année-là, par les Élus. Au mois d'août 1413, les Etats consentent à Jean sans-Peur un subside de 15,000 francs, payable en trois termes « pour convertir ou fait de la guerre et à la sûreté et défense des pays de mon, seigneur. »
C'est Jean Rolin qui, chevauchant avec l'ancien vierg, Guillaume le Fort, procureur ducal aux bailliages d'Autun et de Montcenis, dénombre les feux des deux circonscriptions, puis centralise, à titre de receveur particulier, les versements effectués par paroisses. Le roi, à son tour, au mois de mars 1417, lève une taille de 1,000 francs, puis au mois d'août suivant, une autre de 1,200 1.  
« ès mectes de l'élection d'Ostun afin d'en convertir les deniers ou paiement des gens d'armes et de trait qu'il convenait lors mettre sus pour préserver et garder les habitants de la ville d'Auxerre et d'autres villes, des maux et dommages que se par forçait de Ieur faire le sire de Guitry ».
Jean Rolin, moyennant 20 francs reçus « en récompense de ses peines », perçoit l'une et l'autre et toujours renaissent les exigences fiscales qui lui imposent de nouvelles tâches, il est appelé à lever la quote-part des bailliages d'Autun et de Montcenis dans l'aide de 36,000 francs octroyée, au mois de mars 1422, à Philippe le Bon « pour ses joyeux avènements et nouvelle chevalerie », puis, en juillet et août 1423, dans celle de 20,000, francs, votée au mois d'avril précédent. Le 9 juin de la même année, par lettres données à Chalon, il est désigné comme receveur particulier du bailliage de Charollais pour les 1000 1ivres ternois, que les États du Comté ont accordées au duc et qui seront levées le 31 juillet et le 30 août suivant. Enfin, en même temps que son souverain lui alloue un don de 100 francs, il reçoit mission de percevoir l'aide de 20,000 francs, consenti par les États au mois de janvier 1424. Mais la mort le vient surprendre pendant l'été et c'est Jehan Breneal qui lui succède, et qui termine les opérations en cours et en demande vérification à la Chambre des comptes.  
Jean Rolin, tout en conservant sa charge de contrôleur, au grenier à sel, avait, depuis 1422, porté le titre de conseiller de Monsieur, le duc et lieutenant du chancelier au siège d'Autun.
S'il l'on pense involontairement, et peut-être à bon droit, qu'il dut ces distinctions au crédit de son illustre parent qui, cette année-là même, recevait les sceaux, L'idée s'impose cependant que ses services personnels avaient, à eux seuls, amplement suffi à les lui mériter ; car il avait dès longtemps orienté et inauguré sa carrière que Nicolas n'apparaissait encore que jeune étudiant ou débutant au barreau. 


Notes :

1 : Viévy est une commune située dans le département de la Côte-d'Or (région de Bourgogne). La ville de Viévy appartient au canton d' Arnay-le-Duc et à l'arrondissement de  Beaune.

 

2 : Le cens est la redevance annuelle, foncière et perpétuelle qui est due par celui qui possède la propriété utile d'un fonds, appelé censive, à celui qui en possède la propriété éminente, appelée seigneurie. Le censitaire est en général roturier, mais il peut aussi être noble ou ecclésiastique. La censive peut consister en une terre, une parcelle bâtie dans une ville, un moulin ou un bac sur une rivière, un péage sur un chemin, des têtes de bétail avec un droit de pâturage, mais aussi un domaine important comme un prieuré. Celui qui reçoit le cens appelé aussi censier, est toujours considéré comme noble.

 

3 : La gruerie (ou grurie) était un droit royal de percevoir une partie des coupes de bois et une portion des amendes, confiscations, etc. prononcées pour abus et malversations dans les bois sujets au droit de gruerie. La quantité était variable selon les localités. Le droit de gruerie venait de ce qu'à l'origine le roi seul avait le droit d'avoir des bois de haute futaie, et que, lorsqu'il autorisait les particuliers à en avoir, c'était en se réservant la gruerie.

 

4 : Nous savons par comparaison qu’un valet de ferme gagnait entre sept et dix francs l’an.

 

5 : Dans la France médiévale et d'Ancien Régime, les aides étaient les impôts indirects prélevés à tous les niveaux de la société, sur les biens, les denrées, les moyens de transports, etc.  La gabelle est une Taxe sur le sel ayant existé en France au Moyen Age et à sous l’ancien régime. C'était alors l'une des aides ou taxe indirecte. Les gabelous se chargeaient de la récolte de la gabelle.


7 : Le terme feu (du latin focus, le foyer) désigne au Moyen Âge le foyer, d'abord au sens strict (endroit où brûle le feu) puis figuré : le logement familial (cf. l'expression « sans feu ni lieu »), puis la famille elle-même. Très rapidement, il est utilisé comme unité de base pour l'assiette, le calcul et la perception de l'impôt, on parle alors de feu fiscal. Pour les impôts de répartition, le principe est de diviser la somme à percevoir par le nombre de feux, ce qui nécessite un travail de recensement du feu dit « réel ». La tâche est relativement simple à effectuer à l'échelle d'une commune urbaine. En revanche, elle prend une tout autre ampleur dans en zone rurale, ou à l'échelle d'un royaume. Ainsi, le roi de France ne procède qu'à un seul recensement des feux de son territoire, en 1328. Encore le résultat est-il incomplet, puisqu'il exclut les grands fiefs (Guyenne, Flandre) et certains apanages. En outre, il est rapidement périmé suite à la Grande Peste. N'existent donc souvent que des états de feux par communauté urbaine ou par circonscription territoriale (bailliage ou sénéchaussée en France). Encore leur exactitude est-elle à relativiser : ces dernières ne cessent de demander au pouvoir central des révisions, toujours à la baisse, en invoquant qui une famine, qui une épidémie. Le nombre total des feux fait donc l'objet d'un âpre marchandage entre pouvoir central et communes, sans tenir compte de la réalité du terrain. En outre, les familles les plus pauvres sont regroupées, à l'échelle paroissiale, en un seul et même feu, pour une imposition collective. On en arrive à des décomptes coupés de la réalité, présentant des nombres ronds.

La Bague de Perenette Rolin

Descendance de Jean I Rolin de Montromble

On aimerait pouvoir avec la même certitude se porter garant de sa probité. Il est fâcheux qu'à cet égard, une étrange aventure laisse planer sur son caractère l'ombre d'un soupçon !
Au mois de juin 1418, l'abbé de Saint-Denis en France avait disparu, probablement massacré dans les troubles qui suivirent la rentrée de Jean sans Peur à Paris. Il eut pour successeur Jean de Bourbon, religieux de la célèbre abbaye, bourguignon d'origine et de cœur, frère de Girard de Bourbon, seigneur de la Boulaye, premier écuyer ducal. Il avait été, avant d'entrer à Saint-Denis, chambrier de Saint-Martin d'Autun et ce titre, s'il ne s'y fut joint la puissante recommandation de son souverain, ne l'eût sans doute qu'insuffisamment désigné aux suffrages de ses frères, ils ne tardèrent pas à se repentir de leur choix. Le nouvel élu, différant de payer l'expédition de ses bulles, malgré qu'il eut pour ce faire emprunter dès l'abord 1800 1. à deux membres de la noblesse autunoise, Pierre de Traves, seigneur de la Porcheresse, et Andoche de Chissey, il se retira à Autun pour dépister les poursuites des officiers de la Chambre apostolique. Le grand prieur Jacques de Longuejoé apprit bientôt que le fugitif et peux scrupuleux abbé usait à son profit d'une fausse procuration supposée émané de ses moines, aux termes de laquelle ceux-ci auraient donné pouvoir à divers personnages, notamment Girard de Bourbon, Jacques de Courtiambles, Regnault de Thoisy, conseillers du duc de Bourgogne, et Jean Rolin enfin d'emprunter en leur nom jusqu'à concurrence de 3000 1.
« Ces procureurs prétendus, -dit l'historien de l'abbaye,- n'avaient pas borné là leur témérité ; ils avaient emprunté de plus grosses sommes et étaient saisis de plusieurs reliquaires d'or et d'argent enrichis de pierreries, entre autres de deux figures d'anges qui soutenaient le chef de saint Denys, de deux mitres, de deux crosses et d'autres joyaux ».
Le scandale ne tarda guère à éclater, et le 20 novembre 1423, l'administration temporelle du monastère était retirée à Jean de Bourbon. Il est difficile de définir le rôle que joua Jean Rolin en tout ceci !

Peut-être fût-ce à son insu que l'ancien chambrier de Saint-Martin usa de son nom ?
Il semble en tout cas que les pièces distraites du Trésor se retrouvèrent toutes entre les mains du seul Girard de Bourbon et que seul aussi il se fit l'instrument des convoitises de son frère. Quelque interprétation que l'on veuille donner à cet épisode, il faut reconnaître l'intérêt que présentait l'étude de la vie, sans grand éclat, du seigneur de Montromble. Personnage d'arrière-plan, il n'en précéda pas moins les siens, Nicolas, entre autres, dans la voie où celui-ci le devait bientôt si glorieusement dépasser ; il fut, dans la modeste sphère où le renfermèrent ses ingrates fonctions, un précurseur.

 

         L'histoire de sa descendance directe n'offre pas un moindre attrait. Jean Rolin laissait de sa femme, Marguerite, deux filles : Perrenette, qui devait, quelques années plus tard, épouser Jean Jaquelin et Guillemette, déjà mariée à Étienne Joignot, bourgeois de Beaune. Ce dernier appartenait à une famille originaire de Pommard, jadis affranchie par le duc Robert, dont le nom, suivant les époques et les clercs qui l'ont écrit, s'est orthographié de diverses façons : Joingnot, Joignot, Jouignot, Jouinot, Jugnot, Jugnet, Junot...
La forme Jugnet semble la véritable ; celle de Jugnot a été cependant la plus généralement adoptée.

    Le mariage contracté par Guillemette n'avait fait que resserrer des liens existants déjà avec le père du chancelier. On verra que, dès 1372, Jean Rolin le père de Nicolas, cousin du seigneur de Montromble, avait épousé Amée Joignot, de Pommard, de laquelle naîtrait l'enfant qui serait un jour le chancelier du Duc de Bourgogne. Il semble du reste que les Joignot ou Jugnot aient été, dès auparavant, implantés à Autun. Guillaume Joingnot y exerçait les fonctions de notaire public en 1351 et à cette date, informait : « sur ce que les gens du Roi ont fait plusieurs griefs au bailliage d'Autun. » On trouve, au quatorzième siècle, Guyot Joignot, prenant à cens du Chapitre, le 3 octobre 1380, une maison sise rue aux Razs, et enfin Aimé Jouinot, prêtre, habitant, en 1408, dans la même rue, joignant la demeure de Guillaume Jouinot. Les preuves manquent qui autoriseraient à rattacher tous ces personnages à Étienne Jugnot. La vie de celui-ci a plus d'un point commun avec celle de son beau-père. On doit vraisemblablement le reconnaître en cet Étienne Joignot, qui, en 1412, dresse pour le duc le terrier de Saint-Romain. Maire de Beaune en 1430, il habite à cette époque dans les limites de la paroisse Saint-Pierre. Receveur particulier « au bailliage de Dijon, et sièges de Beaune et de Nuys », des aides successivement octroyées en mai 1430, juillet 1431, août 1433, février et avril 1435, mars 1436, il décède à une date probablement peu éloignée de 1440.
Trois ans plus tard, sa femme était unie en secondes noces à l'un de ses concitoyens, Andry ou André du Vernois. C'était un notable marchand de Beaune, car il avait eu l'honneur, vingt ans auparavant, de fournir Anne de Bourgogne, se rendant à Troyes pour y trouver son fiancé Bedford, des robes nécessaires aux pompes de son mariage. Par la suite, il s'éleva aux magistratures municipales ; échevin en 1443, il est mentionné parmi les favorisés qui, le 4 août, assistent à la fondation du célèbre Hôtel-Dieu, dû à la magnificence de son puissant cousin par alliance. Quelques semaines s'étaient à peine écoulées que Nicolas Rolin le préposait à l'intendance du splendide établissement, à la tête duquel on le retrouve encore en 1465. L'on ne sait rien de plus de lui et tout en aura été dit lorsqu'on aura relevé son nom parmi ceux des membres de la Chambre de ville qui, en janvier 1457, firent exécuter une copie des « privilèges, libertés et franchises de la ville de Beaune. »
Guillemette lui survécut. Elle tenait en franc-alleu la seigneurie de Montromble en 1474 ; cette terre ne tarda guère à sortir de ses mains pour passer à la famille Maire qui l'incorpora à sa seigneurie de la Bondue.
    Infiniment plus brillant que les deux unions successives de sa sœur, avait été le mariage contracté par Perrenette Rolin qui épousa, à une date inconnue, mais antérieure en tout cas à 1439, Jean Jaquelin. A celui-ci, la voie s'ouvrait toute tracée ; son père, de même prénom que lui, avait fourni, sous Jean sans Peur, une honorable carrière.

Second fils de Rolina Girard Rolin. +1399


 
 Grand oncle de Nicolas Rolin, et non point son aïeul comme l'a avancé Munier, et comme, après lui, l'a répété Boullemier, et t’en d’autres ; Girard était en droit, mieux que quiconque, de se dire « civis Eduensis1» ; car baptisé à l'église Saint-pierre de Saint-Andoche, il possédait, sur la paroisse dont elle marquait le centre, une maison touchant à celle de son neveu Jehan et qu'habitait, en 1389, le boucher Guy dit Lambelot, alias de Melerot. Un autre immeuble lui appartenait dans la rue de Chaumont ; mais d'accord avec sa belle-sœur Rose, il le céda, moyennant une rente d'un franc d'or à Gautherin, dit le Roy, tourneur. Il tenait donc peu, malgré ses origines, à conserver un domicile de fait à Autun. A l'opposé de son neveux Jean l’aîné de Montromble que nous venons de décrire la vie, contrôleur du grenier à sel, receveur d'aides, qui devait, comme on l'a vu, réaliser le type du bourgeois et du fonctionnaire, lui fut un rural décidé, et professant pour la commune un singulier éloignement, car il se fixa à Saint-Léger-sous-Beuvray. Les motifs qui l'attirèrent au pied même de la montagne, où jadis s'était élevé Bibracte, demeurent inconnus ! Désir de la paix des champs ? Elle est bien précaire au XIVe siècle et c'est plutôt à l'abri des remparts qu'au village qu'il faut alors chercher la quiétude ; amour de la vie plus large et plus indépendante, mais surtout souci de gros intérêts à surveiller, telles furent, semble-t-il, les raisons de la détermination de Girard Rollin.
Girard possédait, en effet, sans qu'on puisse dire d'où il les tenait, à Saint-Léger, à Saint-Prix, à Verrière, à Monthelon, à Glennes, des terres dont on sait seulement qu'elles ne lui vinrent pas par mariage ; car il mourut célibataire. Peu commode il semble, et vite emporté, et surtout de geste prompt, à en juger par la condamnation en l'amende arbitraire qui l'atteignit en 1387 pour avoir je cite : «mis la main malicieusement à Thiébaut Chauçart, sergent de Monseigneur», mais aussi gros propriétaire, administrateur habile, joignant parfois aux revenus de son bien, les bénéfices tirés de l'amodiation des dîmes dues au Chapitre cathédrale, dans sa région ; il fait figure de personnage à, Saint-Légcr-sous-Beuvray, car c'est son « hostel » que choisit le lieutenant de la gruerie, Ligier d'Orche, pour, moyennant juste rétribution, s'y arrêter avec son clerc et ses chevaux lorsqu'il va, en 1397, visiter les réparations effectuées à l'étang, tout voisin, de Poisson. Son intérieur cependant, pour confortable qu'il soit, s'avère organisé sans luxe inutile. Julienne, fille de Guy le Poulet, compose, durant de longues années, tout son domestique ; c'est une servante du bon vieux temps, attachée, fidèle, un peu maîtresse dans la maison, qu'elle gouverne sans vouloir jamais entendre parler de gages, et s'estimant largement payée de ses loyaux services par le souvenir et la petite somme que lui laisse son maître par testament. Enfin en bon campagnard épris de la terre, à cette époque volontiers imaginée rougeoyante des incendies dont les gens d'armes jalonnent leur route, désolée, tragique, champs ravagés, chaumières en ruines, Girard Rolin ne résiste point à la tentation de s'agrandir, et au mois de juin 1383, au prix de dix francs d'or, il achète, dans la paroisse de Saint-Léger, de Perreaul de Maissy, écuyer, seigneur de Vilettetout ce que tient en fief de celui-ci Jean de la Bouthière « in villagio de villa gallice la Velle - », soit quatre meix, une terre et un pré qu'il ne tarde pas à transmettre, par pure libéralité, à son frère le père du futur chancelier de Philippe le Bon. Que l'on se garde, au surplus, de considérer Girard Rolin comme quelque thésauriseur, mi-paysan, mi-bourgeois, tout entier tourné vers les biens périssables. Il se cachait en lui comme en beaucoup de ses contemporains, sous les dehors rudes communs aux hommes de ce temps dur à vivre, une âme naïve ou d'enfant, imbue de foi apostolique, un esprit remplis de superstitions qui se dévoile tout entier, souriant par avance aux visions d'un paradis naïf d'enluminure et de vitraux, mais plus que jamais méthodique, dans son testament. Cet acte, semblable à tant de ceux que le Moyen-Age nous a transmis comme la quintessence de lui-même, Girard le dicte, je cite : «sain de corps et d'entendement,» Dieu merci, mais sachant que nul, «jeune ou vieux, n'est sûr du lendemain,» le 9 mai 1389, à Jehan Goygeon, coadjuteur de Clément d'Arnay, alors tabellion d'Autun pour le duc, qui ne serait remué de la solennité grave de ce préambule où, avec tant de simplicité, « il se jette entre les mains de Dieu, de la Vierge et de son divin Fils,» et si humblement, « abandonne sa dépouille aux vers de la terre ! » Qui n'aimera la douceur du pardon qu'il accorde, avec une mansuétude un peu triste, à « tous ceux qui ont pu l'offenser » et aussi l'irrésistible autorité de l'objurgations impérieuse qu'il adresse « à qui de droit de désintéresser ceux envers qu’il se trouverait obligé !»
 Ainsi cet homme, au milieu des travaux de sa vie paysanne, a vécu sa vie terrestre avec le souci de l'au-delà ; de longtemps, il a pensé au jour où fatalement il lui faudrait délaisser tout ; déjà il a choisi le lieu de sa sépulture aux « Marbres de la Cathédrale d'Autun », et s'y est fait préparer son tombeau, au-devant de la chapelle fondée par le chanoine Pierre Talepain. Mais convaincu qu'il doit même du néant, resté des grandeurs de ce monde, Girard a idée que du rang que sa fortune lui a assigné dans la société de son époque et à charge par lui de célébrer pour son paroissien, dans son église, trois messes à chacun des Quatre-Temps de l'année qui suivra son décès ; 4 deniers parisis, que l'on distribuera, le jour de sa mort et à son anniversaire, à tous les pauvres qui se présenteront au cri qui sera fait de la « done » dans tous les lieux circonvoisins ; 50 gros à cinquante chapelains ou prêtres qui, dans l'octave du jour où il sera entré « dans la voie qui attend toute chair », diront cinquante messes à l'église Saint-Pierre de Saint-Andoche, où il a reçu le baptême et dont, pieusement,  "il a conservé le souvenir "; 20 sous de rente au recteur de cette église pour, "à perpétuité, dire, chaque année, seize messes des trépassés" ; 30 gros d'argent à trente chapelains qui, "dans les vingt jours de son décès, y célébreront trente messes pour le repos de son âme, de celles de ses parents et de ses amis " ; une somme enfin à prélever sur son hoirie par ses exécuteurs testamentaires pour "rémunérer sept chapelains qui, pendant un an, en s'en partageant le service, assureront au défunt une quotidienne messe des morts, et un clerc pauvre qui les aidera et, chaque jour, à son intention, récitera les psaumes pénitentiaux. "
Faut-il énumérer enfin les legs avec charges analogues attribués par Girard aux curés des paroisses sur lesquelles s'étendaient ses domaines ! la Comelle Saint-Prix, Verrière, Monthelon, ainsi qu'aux desservants de nombre d'églises d'Autun et des environs, et aux recteurs successifs de divers établissements de charité : Saint-Léger de Couhard -, Saint-Quentin, Saint-Jean-de-la-Crotc, Saint-André, Saint-Pantaléon, Saint-Jean-l'Évangéliste, Saint-Pierre-Lestrier -, Saint-Vincent, près le prieuré do Saint-Symphorienès-Autun, Saint-Loup de Dracy-, Saint-Forgeot, Saint-Denys-de-Péon-, Saint-Celse et Saint-Nazaire d'Autun, la Maison-Dieu du Chatel, la Maison-Dieu de Marchauxs . Enfin, faut-il ajouter encore que l'on retrouve, parmi ceux de ses amis choisis pour exécuteurs testamentaires, les noms les plus marquants de la bourgeoisie autunoise : son frère, Jean Rolin l'aîné de Montromble, Jean son neveux le père de Nicolas, Jean de Clugny, licencié en lois, les frères Premery, Guillaume d'Oudry, Thévenin de la Bouthière, l'un de ses proches voisins, Richard Barbier enfin, dont les parents figurent dans un si grand nombre d'actes d'alors.
Il peut paraître singulier que l'on soit réduit aux conjectures sur les destinées de la fortune considérable du méticuleux testateur que fut Girard Rolin : il en est ainsi cependant. Comme si, inspiré de vues toutes spirituelles, il n'eut pris qu'un médiocre souci des biens qu'il n'affectait point à la préparation de son éternel repos, il instituait pour héritiers, sommairement, ceux et celles que la coutume appelait à lui succéder et à leur défaut, le duc de Bourgogne. On peut présumer cependant que son héritage échut aux enfants de son neveux Jean Rolin qu'il avait choisi pour veiller à l'exécution de ses dernières volontés, mais qui mourut avant lui. Car on ne voit pas de quelle autre source seraient venues à Nicolas Rolin et à Jean, son frère, les terres qu'ils posséderont dans toute la châtellenie de Glenne. Près de dix ans devaient s'écouler avant que le testament de leur grand-oncle reçut son entier accomplissement.
Girard mourut en effet le 8 janvier 1399. Selon son désir, la pompe de ses funérailles, pris le chemin des écoliers, car après avoir suivi les âpres chemins morvandeaux, se déroula par les champs et les vergers de la ville basse, avant de traverser les rues étroites et sombres du Château d'Autun, comme il  l'avait souhaité, il s'en vint reposer « aux Marbres » de la Cathédrale où, trois siècles plus tard, l'on pouvait lire encore à, l'entour de sa figure, gravée au trait sur sa dalle funéraire, l’épitaphe suivante
Hic Jacet Girardus Rolin De Hedua Qui Obiit Die Octava
MENSIS JANUARII ANNO DOMINI MILLESIMO TRECENTESIMO NONAGESIMO OCTAVO. ANIMA EJUS PER DEI M1SERICORDIAM REQUIESCAT IN PACE.


Troisième fils de Rolina Pérrenet II (le grand père du chancelier. °1315 + 1374)



On sait quelles raisons obligent à présumer l'existence d'un frère, probablement aîné, de Guillaume et de Girard Rolin. Son prénom n'a pu être retrouvé avec certitude. Au dix-huitième siècle, nombre d'Autunois, au dire de Boullemier, considéraient un certain Pernot Rolin, bourgeois d'Autun en 1387, comme la souche commune de la famille du chancelier de Bourgogne. Alors ce nom de Pernot ou Perrenet, dont le souvenir s'était confusément conservé pendant tant d'années, ne serait-ce point effectivement celui du grand-père de Nicolas Rolin ? Quoi qu'il en soit, sa personnalité, malgré qu'elle demeure obscure, presque impénétrable, se sépare, avec l'absolu de l'évidence même, de celle de tous ses parents. Deux détails surtout empêchent de le confondre avec aucun de ses deux frères. Le premier, révélé par le testament d'un de ses fils nommé aussi Perrenet, atteste que, fidèle au quartier d'où tous ceux de son nom avaient tiré leur origine, il fut, à une date d'ailleurs incertaine, mais que l'on peut estimer notablement antérieure à 1387, inhumé dans l'église Saint-Pierre de Saint-Andoche, devant le crucifix ; et ceci le distingue assez de son frère  Girard qui avait élu sa sépulture « aux Marbres » de Saint-Lazare.
Une seconde particularité interdit toute tentative d'assimilation avec Guillaume. La femme de celui-ci portait, comme il a été dit, le prénom de Rose et en 1388 et 1389, était désignée comme veuve dans les registres des comptes du Chapitre cathédrale et dans le testament de son beau-frère Girard. Or, à cette époque, la veuve de N..(Perrenet ?). Rolin était presque certainement décédée, à tout au moins remariée. Elle avait en effet épousé en secondes noces un membre de la famille Boisserand, vraisemblablement avant 1370, puisque, vers 1395, une fille Gilète, née de cette union, mourait sans enfant mais mariée à Étienne Nodé, à un âge par conséquent qu'on ne saurait estimer, au minimum, de beaucoup inférieur à vingt-cinq ans. Ces faits, outre qu'ils légitiment l'induction qui a permis d'affirmer l'existence du frère de Jean, de Guillaume et de Girard, apportent comme un témoignage posthume du rang qu'il avait tenu dans la bourgeoisie de sa ville.
Il importe cependant de se demander quel fut au juste ce quatrième fils du Rolina, ce Pernot ou Pereenet, père de Jean Rolin, dont le nom, devait, par Nicolas l'un de ses fils, devenir illustre. Et bien plus encore importe-t-il de reconstituer le milieu dans lequel le futur sire d'Authume vécut ses jeunes années.

Les fils de Perenet :

Jean II (Rolin père du chancelier.)

Certains ont affirmé que Ie père de Nicolas Rolin Jean Rolin fut inscrit au barreau de Paris. Sa carrière dément cette assertion, basée cependant, on doit le reconnaître, sur une note des Bénédictins collaborateurs de D. Plancher, de D. Merle et de D. Aubrée ; mais comment, quel que soit l'autorité qui s'attache à tout ce qui sortit de plumes si scrupuleuses, préférer ce fier aux pièces  originales qui, toutes, qualifient simplement Jean  Rolin à "un clerc, citoyen d'Autun ". Et de fait, on va voir que la conquête des diplômes et des grades, non plus que les luttes et les triomphes de la parole, ne l'ont jamais fort préoccupé. Il cherche alliance autour de lui et s'unit, au mois d'août 1372, à Amée Jugnot.
Si le père de celle-ci, Henri Jugnot, appartient au Beaunois, il est originaire de Pommard et l'on sait déjà ce qu'est sa famille, sa mère, Yolande Chandelier, a droit de cité à Autun. Dès 1321, Yolande Chandelier, veuve de Guillaume, bisaïeule d'Amée, possédait un « ouvroir » près de l'église Saint-Lazare et, en 1334, en faisait construire un autre devant sa maison, sise au Cloître. Son fils, portant aussi le prénom de Guillaume, avait honorablement tenu son rang dans la bourgeoisie autunoise ; riche, amateur lui aussi des généreux produits de la côte beaunoise, on le trouve cité parmi les notables présents à la prise de possession de son siège par l'évêque, Gui de la Chaume. Il avait épousé Guillemette d'Arnay et de cette union était née la femme d'Henri Jugnot. Celle-ci dût mourir jeune. En effet, lorsqu'en 1365, son mari consent à Richard Barbier, moyennant loyer annuel de 8 florins de Florence, le bail à vie d'une maison sise au Cloître, il agit déjà comme administrateur des intérêts de ses filles mineures, Jehannette et Amée. Cet acte, par sa nature même, au surplus, indique chez le bailleur le désir de régler, avant un départ imminent et sans esprit de retour, les intérêts qui l'attachaient au sol autunois.

Peu après, effectivement, Henri Jugnot est fixé à Beaune. Son beau-père lui avait laissé à Volnay un petit vignoble de neuf ouvrées, acquis en 1359 d'Henri Chouhat ; dès 1367, il agrandit son domaine en y adjoignant vignes et prés provenant de la succession d'un de ses parents, Jean Jugnot, et que lui vend, sans qu'on puisse dire exactement à quel titre elle les tenait, Guillemette, veuve de Guillaume Boffeau, de Chalon-sur-Saône-. Désormais son pays d'origine l'a reconquis tout entier et il est si bien détaché d'Autun que, Jean Rolin, épousant sa fille, il installe les jeunes mariés, vers la fin d'août 1372, dans sa propre maison du Cloître, pour y vivre avec la grand-mère maternelle d'Amée, Guillemette d'Arnay, alors veuve en secondes noces de Huguenin Oudriot, citoyen d'Autun. Si l'emplacement exact est connu de l'habitation qu'Henri Jugnot mettait à la disposition de son gendre, elle a subi de si profondes modifications qu'à peine peut-on dire qu'il en subsiste le squelette. Formant l'angle de la rue des Bancs et la place Saint-Louis, toute voisine de l'église Notre-Dame, elle comptait, dès les premières années du quinzième siècle, parmi les plus vastes du Chàteau. Les goûts, différents avec chaque époque, de ses propriétaires successifs n'ont malheureusement rien laissé subsister qui permette de deviner quelque chose de son aspect primitif.

La Maison de Jean Rolin et Aimé Jugnot  futur maison de Nicolas &

futur Musée Rolin d'Aurun

 Perenet III Rolin (Oncle de Nicolas Rolin):

   Il possédait des vignobles autour de Beaune et de Pommartd. Il rédigea un testament à Autun le samedi avant la fête de la nativité de la Vierge 1387. Il y demande que son corps soit conduit en procession à Saint-Andoche et que le jour de son enterrement soit célébrée une messe dans toutes les paroisses d'Autun et dans les deux jours qui suivront, trente messes pour le salut de son âme, de celles de ses ancètres, parents et amis. Il souhaite être enterré dans l'église de la paroisse de St Pierre de Saint-Andoche d'Autun, au pied du crucifix de cette église, à côté du tombeau de son père. ce Perrenet Raolin ou Rolin se qualifie dans son testament de 'frère germain" de Jean Raolin, qu'il nomme d'ailleurs son exécuteur testamentaire avec, parmi d'autres encore, Jean Boisserand. Il institue pour héritier de ses biens "ceux et celles qui doivent lui succéder" sans les nommer. On, a dit qu'il ne fut point marié mais le texte de ce testament ne permet pas de fournir d'assurance absolus

Diagramme généalogie ascendance de Nicolas Rolin